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Catrin /¤/en construction

jardin de constellations
August 22

(ne pleure comme si ) toute l'eau partie, l'amour tout

 

 

 

                    DSCF2010

\catrin\photo\malbaie\fossiles 

                                          ne pleure comme

                                          si toute l'eau

                                          partie l'amour tout

                                          au roc assoupie

                                          et les cheveux de mer

tout m'enroule dans longuement dormir tes songes

anse aux bras blancs si doux loin par mourir lente

des souffles des danses fleurent et s'ondulent

les algues les polypes t'en souvient-il leur rut

bal des laitences volutes et pour toi seule, mer.

 

 

 

 

August 20

les espaces entre moi

 
 
 
 
et entre les espaces et
la séparation le coeur
la pensée - des eaux
ce qui me compose
 
des flux
continument remontés
par faisceaux longs
en tissages de mémoire
entrelacement infimes fluides
espacement  recommencés
par ce geste
le même
(ce même geste)
assis
posés
 
 
 
 
espacer des atomes
proches
dans une élongation très pure
un collier numineux
au chant de la méduse
vibre
 
dans ton aura
 
rien ne sera jamais plus pareil
 
 
 
 
 
August 19

(ne pleure pas) comme si les espaces

comme si les espaces étaient inutiles
comme l'espace entre les côtes l'espace entre tes bras
comme si celui qui sépare tes yeux ou
une rive de l'autre, ta rive ma rive
nous arrive de si loin parce que
la respiration s'étire s'envole ou s'écoute
qu'en sais-tu de la nécéssité de cet espace
entre moi, moi et le monde et moi 
la séparation entre le coeur la pensée
comme entre la mer par grandes bordées
c'est pour mieux submerger mes continents
mon espace à s'étendre entre des  sphères
atomes poussières rêves planètes  ou lunes
qu'en sais-tu si les espaces ne manquent
comme ce qui manque à comprendre à aimer
ce qui est à juste respirer par les yeux même
parce que tout le reste a été dévoré comme
tout ce que tu ne te donnes pas par manque
manque de temps par manque d'amplitude
de compréhension des espaces et de leurs espaces
à savoir cet espace oui celui-là particulièrement
celui que tu voudrais me refuser
parce que
que ferais-tu
quand
il n'y aurait plus
d'espace
par ta faute
tout collé
d'étranglement a ressembler
très vite trop pressé comme tous
à nos villes qui s'étouffent nous empilent
en écrasant la terre la forêt les bêtes belles
sauvages libres comme folle nature
à juste vivre d'espace
 
et sinon que serais-tu
 
 
 
 
 
 
 
 
August 13

ne pleure pas

 
 
 
comme si les icebergs pouvaient exister sans la mer
 
 
 
 
 
quand tu respires
au fond de la lumière

les falaises s'endorment
 
 
 
 
 
je demande
la couleur
des baisers
où le jour incarne
sa pâleur 
 
des stigmates
à même ton corps
 
 
 
 
je guette
des forêts
liquides
 
un cercle de loups
 
 
 
 
 
 


 

 
 
August 04

jusqu'au soir

 
 
I
 
 
 
le jeu des éponges te requiert
comme le jour passe
les mains
la bouche
            ouverte
la mort s'embrasse ainsi
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
II
 
 
 
il n'y a pas de chemin
entre la pente
les arbres
où les pluies mordent
lentes
 
une promesse
 
il n'y aura qu'un seul matin
jusqu'au soir de ta maison
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
III
 
 
 
malgré nous
les pierres
feux et poussées
 
est-il quelque choix
 
nos résistances
contre
nous arrivons
 
 
 
 
toutes les réponses
n'ont pas tes mains
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
- texte offert en lecture le 30 juillet 2008
dans le cadre de la soirée Solovox organisée par Éric Roger
- merci Éric
 
 
July 30

en lecture ce soir à Solovox

 
 
quelques pages de Les ailes closes
tirées de la première section
ou la dernière
selon la configuration des fronts
 
et une bouchée de dessert
si on est sage
July 16

quelqu'en soit la nature

 
 
quelque soit la pluie
quelqu'en soit la nature
 
      pierre
 
      eau
  
      terre
 
      magma
 
      barbaque
 
même une pluie d'anges
au retour
du renversement du monde
 
j'en prendrai plein la gueule
quand tu reviendras de tes cendres
 
 
 
            
 
 
 
July 07

toute la pluie

 
 
 
 
je prendrai toute la pluie
les déluges
tous
pour noyer tes chagrins
 
je serai patiente
jusqu'a l'assèchement serein
jusqu'à ce que tu puisses voir
ce que tu n'avais jamais vu
 
je prendrai toute la pluie
toute 
la pluie
des mémoires
ses jardins anciens
 
oui sur le Mont là-bas
comme l'arche plantée si haut
comme des dérives lentes et parfaites
dans le calme si parfaitement calme après
des tempêtes nos éclats nucléaires
nos laideurs
que de lèpres sur un rêve - monde
souvenirs de ses jardins
suspendus
te souviens-tu
de livres brûlés
de peuples massacrés
les terrasses
les allées où le sang coulait
huileux
les mondes
où des mirages 
s'ouvrent
entre-eux et se fendent
à l'orbe s'effritent et disputent aux astres
des désastres de nébuleuses des chocs
de constellations
des ruptures de champs magnétiques
entends la fracture et la collision
écoute le Sagittaire
dans la mire et l'axe
les soleils se fracassent
 
dans ce ciel
et sous tes pieds
 
quand la terre pleure ton monde
 
je prendrai toute la pluie
les cyclones
tornades dans l'angle des changements
des épices comme des amorces
pour pimenter la chaudrée
des possibles qui mijotent doucement
si doucement dans le calme parfaitement calme
de cette pluie qui ne finit pas
comme des mains caressent fidèles
le front de l'enfant fièvreux
comme des lèvres embrassent
tristes
paisibles
les mourants
je prendrai toute la pluie
 
le long des côtes de ce corps
dans le tremblement de ton église
contre ton coeur
le long des côtes de l'autre continent
le long des berges ou d'autres lèvres
l'élongation des termes qu'une mer ou son absence ferme
dans ce silence que tu ne reconnais pas
dans cet espace qui n'existe plus que
sous le lit des fontaines de naphte
au creux du rugissement même des lames de lave
dans le rêve d'un autre monde
même 
droite volontaire je prendrai toute la pluie
les déluges
tous
pour noyer tes chagrins
je serai patiente
devant tes yeux
droite toute je prendrai toute la pluie
jusqu'à toi mon amour
 
 
 
 
 
June 23

mon petit

 
 
mon petit
les anges
sont tous partis
se battre pour un autre ciel
tu ne voulais pas assez fort
ta vie
mon petit 
il reste la grisaille des murs
comme des rêves en cendre
des escaliers pour nulle part
tu ne voulais pas assez fort
ma vie
mon petit
les anges sont repartis
ils vont attendre longtemps
avant de revenir 
ils vont attendre
que nous ayons finis de mourir
 

à force

 
à force tu bois l'ombre
manges son pain
suces ses fruits
           comme autrefois le miel des figues
à force tu te saoûles
de merde de vomissures
que tu répends partout en disant
           c'est la faute des autres
à force tu cries 
rageur
des vociférations colériques
des accusations morbides à force
à force de s'impreigner des noiceurs
          Ô ce néant que tu berces, mon amour
à force de coulures de pétrol et de suie ourlant
ton regard 
tes yeux rêvent du noir à force
à force de barbouiller ta bouche tes lèvres
trempent dans l'horreur ta parole
 
ne vas pas croire que nous aurions épongé
          crimes, souillures et autres opprobes
qu'ainsi la mort pourrait s'appuyer
sur une épaule
et nous reposer
 
          tu rêves
il n'y a rien à faire pour laver l'ordure
sauf attendre
          le monde après le déluge
 
 
 
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Merci de votre visite !
  • May 24 8:18 PM
     
    À toi Catrin,
     
    je veux juste dire
    que la profondeur de ton univers m'émeut, vraiment.
    Toute une constellation.
    Tout un monde autour de toi.
     
    Alors touchée, coulée.
    J'y reviendrai souvent.
    Tu as vraiment la brillance d'une étoile...
    Vers l'infini et plus loin encore...

    Moi, juste moi, petite poussière quelque part dans l'univers