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    March 26

    ( le néant sort de terre )

     
     
    :  le néant sort de terre
    «hoo mince, alors il faut vite le mettre en pot
    je l'arroserai et il fera des fleurs
    »
     
    nous aurons des fleurs de néant
    pour enjoliver nos morts et nos maisons
     
    l'effleur du néant...

    quand tu te retournes

     
     
     
    quand tu te retournes
    n'écoute pas derrière le bruit les voix n'écoute pas
    les murs enferment les yeux
    quand tu te retournes sur le vide et les envers et
    tout contre le revers du monde qu'ils ont construit
    en nous disant qu'il est l'unique le seul le vrai ne glisse pas
    ils vont crier le plancher le seuil les tapis ils vont crier
    les livres les étagères tous les tableaux pendus
    même les rideaux le téléphone les comptes à payer ça va hurler
    de revenir de tout tenir ça va t'accrocher dans le dos
    juste quand tu te retournes pour t'ouvrir
    le monde
     
     
    on ne sait pas si le passage a des yeux ou un corps
    il fluide onde echo -dis comme tu veux
    on ne sait pas
    juste ça passe tout à coup pour la raison que
    tu sais parce que c'est toi
    ce moment
    de monde
    le passage d'ouvrir
    quand tu te retournes
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    March 13

    il n' y a pas de fuite possible

    il n' y a pas de fuite

    possible

    même si tu penses y être

    en plein dedans 

    avec cette sensation de quitter fermer repousser même si

    écoute tu ne peux pas

    tout rattrape tout

    un jour ou l' autre

    ou l' autre jour pendant que tu riais pour oublier que tu avais mal  d' un regard

    d' une vérité

    tout te rattrape dès que tu tournes le dos

    retourne toiSans titre

    au bras d'hiver - jusqu'à l'été

     
    nous ordonnons
    vos corps
    entre nos allées
    venues
    entre
    nous alignons métal verre
    malgré tout
    vos bras tendus
    l'hiver long dans la blancheur le vent
    vos bras aux bras d'hiver
    arche
    le geste suspendu
    patient
    jusqu'à la débauche
    des bourgeons
    jusqu'à la débâcle
    de lumière vos bras ouverts
    à respirer tout embrassement
     
     
    patrie-arche 12-o3
     
    le bras d'hiver se prolonge
    dessus dessous
    les arches
    et les patries
    aux vents les morsures
    je t'aime je t'aime
    flocons doux piquants
    dans les yeux le cou
    le tout partout
    des baisers frais
     
    le bras d'hiver m'emporte
     
    ...jusqu'à l'été
     
     
     
    March 10

    Discussion sur voix d'Hiver (la chute)

     

     

     

    S6300218

    voix d'Hiver (la chute)
     
    tu tombes
    tu tombes encore dans nos yeux
    tes sommeils
    givres
     
    tu me souffles
    un printemps sur l'épaule
    un grand galop de glaciers
    d'os moulu
    sur toute l'eau du monde
                 
    plein les bottes
     
    je croque ta moraine
                  les grains
    étés anciens
     
     
     
     
    guette encore
     
    des baisers bleuis
    des lames minuscules
     
    coupent le froid des yeux
     
     
    si tu souris
    tu iras à la mer
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    March 07

    brulis et foulées

    « la mer refoule des organes sur nos rêves »
    - Stéphane Jean





    tu viendras laver les plages
    des amas - gélatine des méduses
    captives où les algues
    dessèchent nos yeux

    le ciel


    lente - émerveillée

    dans tes mains
    la trace et le débris
    des buccins
    les outrages
    du sel

    les restes du festin

     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    « à tes chevilles s'enroule une lueur »  
    - Stéphane Jean





    voici nos offrandes, quelques délices ondulantes de rumeurs ou conques blanches sur l'enroulement même du sable chuchotant des myriades de souvenirs; est-ce une étoffe tissé de rubans blondis où mêlés d'éclats bleus des coquilles de moules le rouge des flocons d'algues asséchées éparses concrétise l'effondrement des mémoires

    rêvent des pierres, des continents entiers en ramage par vent dans la craquelure sourde du cuisant soleil sa persistance à placarder de splendeurs, aspirant continûment ainsi qu'une résolution cosmique, goulue on dirait la bouche des éons sur le sein de la terre



     
     
    Soulève encore le jour que tu refuses
    c.g.


    nous ne saurons rien des desseins ourdits autrefois contre ce que nous sommes de si parfaitement infimes

    au loin la poussée farouche de tes engendrements inaudibles comme au loin imperceptible tu es l'aveugle en qui des luminosités dansent et signent tout tremblement et tout écho
    une étole de lanternes brûle autant le porteur que ses messagers
    la nuit - ce qu'il en est de l'approfondissement ou l'élonguation stupéfiante de sa trame dans la préservation des sphères - quelques passages effervescents désignent l'attelage sous des pluies fabuleuses nucléiques le long du cou de la grande bête que nous chevauchons de lignage en lignage
    l'obscur
    l'enchevêtrement des visions, ces quelques grains de lumière que nous ne savons pas planter, nous dévisagent
    en attendant que tu soulèves encore le jour que tu refuses



     
     

    os de Printemps

     
     
     
    dans la foulée des arbres grandissants et longs s'enjambent des espaces se recouvrent je marche tes générations dans l'écorce entre la ramure que pousse parfois le vent ou les étirements de temps à plaintif étendre brames ou grincements de doigts noueusements mariés à l'air liquide si haut trop rare pour toi mourant ainsi de valses immobiles en balancements languides je regarde la transition des os et succombe à l'éphémère battement de ta sève à la saveur de tes chairs

    viens viens couche ton corps dans mes peaux t'enroulent mes feuillures diaprées esclaffent au sol dans ton pas allonge tes allongements de membres  dans la démembranure de mes gris corps viens parfumer l'enlacement entre mes racines ce nid où couve silencieux le ramage d'une étoile



     
     
    March 06

    -Neige ou les loups

     

     

     


    des murs de voix
    dans la neige
    les loups rapportent tes offrandes
    leur haleine
    j'aspire longuement
    tourne
    dans ma bouche

    un seul tremblement
    te désigne entier





    *





    compte les spasmes
    tes syllabes ensanglantées
    sur mes lèvres

    je lappe
    suçotte lente
    douces
    toutes les lettres de ta signature



    le ventre vide


    enroulée de loups
    hurlez hurlez
    ce vent boréal
    restes d'amour


    une ombre rougie écoule
    tout l'arctique jusqu'à tes paumes





    *





    entier
    comme un internement


    nos langues se tranchent les îles
    il faudra couper
    la saveur des sangles
    avec les pleurs

    dans un trou

    des anges se plument
    en l'honneur des chiens