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June 23 mon petitmon petit
les anges
sont tous partis
se battre pour un autre ciel
tu ne voulais pas assez fort
ta vie
mon petit
il reste la grisaille des murs
comme des rêves en cendre
des escaliers pour nulle part
tu ne voulais pas assez fort
ma vie
mon petit
les anges sont repartis
ils vont attendre longtemps
avant de revenir
ils vont attendre
que nous ayons finis de mourir
à forceà force tu bois l'ombre
manges son pain
suces ses fruits
comme autrefois le miel des figues
à force tu te saoûles
de merde de vomissures
que tu répends partout en disant
c'est la faute des autres
à force tu cries
rageur
des vociférations colériques
des accusations morbides à force
à force de s'impreigner des noiceurs
Ô ce néant que tu berces, mon amour
à force de coulures de pétrol et de suie ourlant
ton regard
tes yeux rêvent du noir à force
à force de barbouiller ta bouche tes lèvres
trempent dans l'horreur ta parole
ne vas pas croire que nous aurions épongé
crimes, souillures et autres opprobes
qu'ainsi la mort pourrait s'appuyer
sur une épaule
et nous reposer
tu rêves
il n'y a rien à faire pour laver l'ordure
sauf attendre
le monde après le déluge
May 29 l'élan des spiralesce n'est pas le cri
ce n'est pas un hurlement alors que le vent enferme par folie de mouvement des corps et des corps dans ses bras entonnoirs ce n'est pas vrombissement mais dans l'intense vibration des atmosphères en pression l'effondrement certain des masses projetées tes heures ou ta frayeur pourpre dans le métal du ciel toutes tes constructions et la charpie, monceau de rêves inachevés dans l'enchevêtrement splendide des appels tels des cors sonores lancés à même des murs étanches de sève et de brûlures lancés dans l'étonnement parfait d'une fulgurance et sa subjugation
voici la trompe râclante voici une dent sur le monde le bras qui tord tes peuples parce que tes peuples sont tordus, fascinés par l'obscénité de la mort qu'ils provoquent qu'ils précipitent de plus en plus vite à la danse macabre des guerillas et des brasiers de pétrole, le sang noir des mémoires ensommeillées traduites par profondeurs jusqu'à tes mains mon âmi, ce n'est pas le cri que tu entends ici hors des tourmentes, mais l'élan des spirales, car la mort n'est pas courbe May 23 ce même rêveainsi va le monde que ton rêve engendre
à son image et parfaitement
dans la configuration
tu avais choisie
tu t'en souviens ?
tu
nous
tous
dans ce même rêve
humain
primate
engendré du passé
c'était un rêve sauvage
et cruel
était-ce un cauchemar?
quand est-ce devenu un cauchemar
à partir de quel acte
décision
le monde a-t-il basculé
t'en souviens-tu ?
c'était hier il me semble
il me semble que
dans le berceau du temps
l'écoulement lent
longtemps nous avons parlé
le muret de pierre
et la mousse
maintenant un lierre court
là où tu t'asseyais
pâlement translucide
en me disant qu'il n'y a pas de conclusion possible
j'avais dit : donc cela commence
et tu avais souris
cela commençait
et en fait c'était hier
puis cela n'a pas de fin
et alors tout recommence
le mouvement
perpétuel
des éclosions
des levers de soleils pour l'éternité
et dans l'orbe
cette terre
meurt
revit
simplement parce que c'est physique
et dans la mécanique
quantique
il faudra pourtant que quelque chose finisse
quelque chose qui ressemble à une équation
meurtrière
May 15 juste avant le début du monde - ( ii )et tu verras le monde venir à lui
par la peau des dents
l'arrachement des chairs
des montagnes
comme on arrache
l'enfant
des mamelles
va dormir petit
va
le monde
noirci
émacié
après toutes tes horreurs et cris
les déchirures engendrés
tes failles
mon ordure
avalés ravages et crues
en larges purges débordent
des yeux neufs
dont nul ne connaîtra la vue
juste avant le début du monde
May 12 à poursuivre un rêveceux qui mangent le monde
mangent
des tornades
par la racine
le ciel appuie
ses dents
tout contre
à poursuivre un rêve
(tu prononces ce qui n'existe pas )
contre toute attente
et à tout attendre
la fin
une époque
l'angle des étoiles
parle
dit
ce que tu ne sais pas
enfant
du siècle mort-né
la mémoire
s'avale
sous les glaciers
les méduses captent
l'impulsion
par la peau des dents
April 21 l'ample (Déluge et Printemps)contre toute attente c'est aussi lent que la violence la plus intense une noyade de siècles et si longue que seuls les marques et raclements se restituent par remontées soudaines comme soudainement toute l'eau du monde a été bue plus qu'aspirée parce que nous buvons sans aspirations il aurait pu en être autrement de ce joug que nous éternisons ne savons-nous pas être hors supplice sans tyrannie obscènes nous repoussons ce qui est simple et beau par simplicité c'est contre toute attente par fonte immense l'amplitude même de ce mouvement de pôle par allègement de manière dégageante ainsi qu'une femme dégage sa taille ses épaules d'une emprise désagréable ainsi un monde se retourne il faudra conter à tes suivants et aux suivants de tes suivants cet enfantement d'abord il y a les eaux des débordements sans noms d'eaux sur les ossements du monde les citées colossales leurs échines artificielles des ponts des routes scarifiantes des eaux pour coucher les dents de verre et de métal des pôles à l'abordage des frontières et ni digues ni écluses rien ne pourra défaire retarder attendre retenir la charge rien tu verras le monde venir à lui April 17 le corps d'Hiver (arme déposée) arme déposée
Hiver s'était allongée
toute enroulée d'ours et d'harfangs
son rêve avait la forme d'une multitude de cristaux
pulsés aux vents
dans les anneaux des siècles
elle était revenue encore
fidèle à la sieste
April 14 quand tu blesses l'après-midi
il faut déposer les armes les racines les mangeront comme tes nécroses embrasseront par palmes verdissantes embrasse de lumière toute l'eau contenue le ciel s'abouche à ton coeur et à ton front la marque de ce siècle chiffonnages étranges peaux arbres que l'on jette pour un rien tes eaux abandonnées sans langue pour laper tendre l'espace que tu abrites
April 10 l'amplitude1
amplitude (ou visions sonores)
un geste incarne toute la nuit tu résides où les réponses s'enfantent je pense des ardoises roses en pentes les yeux d'un chat immenses les toits comme des escaliers pour monter tout le bleu aux yeux du ciel le son de tes pupilles mille fois mille fois plus 2
surtout demain
il faudrait encore pouvoir rêver
des chiens parmi les pieuvres
danse tentaculaire
des halos sanguignolants
ourlent la terre
de ces corps qu'on éventre
qu'on fend dans le silence des téléviseurs
ou les yeux clos
(garde les yeux clos)
il faudrait les lames souillées
les milliers de couteaux que tu caches dans tes joues
les sarbacanes sous ta langue
tes yeux révolvers
il faudrait leurs fouets
leurs claquements furibards
tout foutre dans la bouche d'un volcan
fondre à jamais
ou alors plus rien n'existe
plus rien
3
nous
nous remontons le puits des colères
la bouche à feu
des milliards de fois
l'incarnation de Sisyphe et du terrible rocher
arriver au bord de l'oeil
l'insensée tâche il faut sortir
sortir
la tentation nous prend la manche le bras le corps
doucement doucement et hésitante
jusqu'à repousser fortement
(repousse ton regard)
des pierres éblouies
au bord des visions
polies d'impatiences
de fautes
l'inavouable ou l'indicible
il faut déborder
simplement
tout tombe
à moins d'être allé
au fond des choses
4
tu sais qu'ils crieront
avoir attendu avoir
par frictions
chauffé le puits
rendu les pierres liquides
le renversement du chaudron
évolutionne
la cuisson révèle Ardante la rebelle
à recuire le monde avec passion car
tout n'est qu'incandescence
et lumière
March 26 ( le néant sort de terre ): le néant sort de terre
«hoo mince, alors il faut vite le mettre en pot
je l'arroserai et il fera des fleurs » nous aurons des fleurs de néant
pour enjoliver nos morts et nos maisons l'effleur du néant... quand tu te retournesquand tu te retournes
n'écoute pas derrière le bruit les voix n'écoute pas
les murs enferment les yeux
quand tu te retournes sur le vide et les envers et
tout contre le revers du monde qu'ils ont construit
en nous disant qu'il est l'unique le seul le vrai ne glisse pas
ils vont crier le plancher le seuil les tapis ils vont crier
les livres les étagères tous les tableaux pendus
même les rideaux le téléphone les comptes à payer ça va hurler
de revenir de tout tenir ça va t'accrocher dans le dos
juste quand tu te retournes pour t'ouvrir
le monde
on ne sait pas si le passage a des yeux ou un corps
il fluide onde echo -dis comme tu veux
on ne sait pas
juste ça passe tout à coup pour la raison que
tu sais parce que c'est toi
ce moment
de monde
le passage d'ouvrir
quand tu te retournes
March 13 il n' y a pas de fuite possibleil n' y a pas de fuite possible même si tu penses y être en plein dedans avec cette sensation de quitter fermer repousser même si écoute tu ne peux pas tout rattrape tout un jour ou l' autre ou l' autre jour pendant que tu riais pour oublier que tu avais mal d' un regard d' une vérité tout te rattrape dès que tu tournes le dos retourne toi au bras d'hiver - jusqu'à l'éténous ordonnons
vos corps
entre nos allées
venues
entre
nous alignons métal verre
malgré tout
vos bras tendus
l'hiver long dans la blancheur le vent
vos bras aux bras d'hiver
arche
le geste suspendu
patient
jusqu'à la débauche
des bourgeons
jusqu'à la débâcle
de lumière vos bras ouverts
à respirer tout embrassement
le bras d'hiver se prolonge
dessus dessous
les arches
et les patries
aux vents les morsures
je t'aime je t'aime
flocons doux piquants
dans les yeux le cou
le tout partout
des baisers frais
le bras d'hiver m'emporte
...jusqu'à l'été
March 10 Discussion sur voix d'Hiver (la chute)
voix d'Hiver (la chute) March 07 brulis et foulées« la mer refoule des organes sur nos rêves »
- Stéphane Jean tu viendras laver les plages des amas - gélatine des méduses captives où les algues dessèchent nos yeux le ciel lente - émerveillée dans tes mains la trace et le débris des buccins les outrages du sel les restes du festin « à tes chevilles s'enroule une lueur »
- Stéphane Jean voici nos offrandes, quelques délices ondulantes de rumeurs ou conques blanches sur l'enroulement même du sable chuchotant des myriades de souvenirs; est-ce une étoffe tissé de rubans blondis où mêlés d'éclats bleus des coquilles de moules le rouge des flocons d'algues asséchées éparses concrétise l'effondrement des mémoires rêvent des pierres, des continents entiers en ramage par vent dans la craquelure sourde du cuisant soleil sa persistance à placarder de splendeurs, aspirant continûment ainsi qu'une résolution cosmique, goulue on dirait la bouche des éons sur le sein de la terre Soulève encore le jour que tu refuses
c.g. nous ne saurons rien des desseins ourdits autrefois contre ce que nous sommes de si parfaitement infimes au loin la poussée farouche de tes engendrements inaudibles comme au loin imperceptible tu es l'aveugle en qui des luminosités dansent et signent tout tremblement et tout écho une étole de lanternes brûle autant le porteur que ses messagers la nuit - ce qu'il en est de l'approfondissement ou l'élonguation stupéfiante de sa trame dans la préservation des sphères - quelques passages effervescents désignent l'attelage sous des pluies fabuleuses nucléiques le long du cou de la grande bête que nous chevauchons de lignage en lignage l'obscur l'enchevêtrement des visions, ces quelques grains de lumière que nous ne savons pas planter, nous dévisagent en attendant que tu soulèves encore le jour que tu refuses os de Printempsdans la foulée des arbres grandissants et longs s'enjambent des espaces se recouvrent je marche tes générations dans l'écorce entre la ramure que pousse parfois le vent ou les étirements de temps à plaintif étendre brames ou grincements de doigts noueusements mariés à l'air liquide si haut trop rare pour toi mourant ainsi de valses immobiles en balancements languides je regarde la transition des os et succombe à l'éphémère battement de ta sève à la saveur de tes chairs
viens viens couche ton corps dans mes peaux t'enroulent mes feuillures diaprées esclaffent au sol dans ton pas allonge tes allongements de membres dans la démembranure de mes gris corps viens parfumer l'enlacement entre mes racines ce nid où couve silencieux le ramage d'une étoile March 06 -Neige ou les loups
December 28 voix d'Hiver -le passage
il ne reste que quelques miettes minutes sur la nappe de l'année il ne reste que l'effritement des jours du sable du sable encore et plein les yeux piquant et parfaitement
mais ce champagne rosé
(tu passes et ne dis rien) l'espace que tu éventres fugacement la pupille fouille se dilate.. il n'y pas même une ombre
December 20 voix d'Hiveril n'y a pas de fuite possible
la voix d'Hiver souffle des présages
ses blanches amours où tu marches
tu foules
le manteau du ciel
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