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    November 09

    ravages ( essai )

     
     
     
     
     
    c'est dans l'effritement et sa lenteur d'arme que glisse et chuinte
    une presque tristesse ou un ombrage à allongement des signes
    une vasque au miroir tremblant  soudain entre grises griffures
    qu'illuminent changeantes un balancement souples pervenches
     
    d'entre les lèvres bleuies ne pâlissent nulle plainte que les ramures
    brillantes de l'éclat fugace mais certain d'un roulement d'encolure
    et comme la bête s'étire et plonge au remuant ébroué des ondes
    s'élabore l'entonnement se murmure la charge pleine des nuées
     
    gronde tremble alors l'étendue que sauvages des ruts ravagent
    à l'enjambement s'ouvre et suspend à l'instant le saut du jour
    l'arbre couché ne relève son corps roué des fouets et morsures
    mille saisons acourent vêtues d'élythres de fougères et de cristal
     
    que dessous le brun et fauve manteau aux si rouges tavelures
    des hanches blanches à la mattité de craie ruse une voix liquide
    ainsi la miryade envolée que pareille à des grappes oranges
    vrombissent ténus lointains ramages saluent d'un dernier stridule
     
    un sillon invisible trace aux ventres chauds et fumants des fourrures
    où les pluies de bois et de velours laissent pantelantes des jeunesses
    des écumes et des ors dansantes comme promesses belles d'amours
    les jours vaincus des champs de lames aux trop mortelles étreintes
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    November 08

    juste avant l'hiver

     
     
     
    en chaque pétale demeure un tressaillement offert par la brise
    demeure la sève bue à même le sol où tu marches offert 
    à cette brise embrassant des soies et tes soifs que rien n'abuse
    ni embrasement de ciel ou brasier cuisant d'un baiser mais
    demeure offert au tressaillement du soir où mon sourire persiste
     
     
     
     
     
     
    November 07

    musique atonale \ 12

    * irréversible
     
     
     
     
    les veines sont des pièges à loups
     
    un vertige
     
    les os tendent les oiseaux s'ouvrent dans la poitrine
     
     
     
    refuge
        l'iris une église
     
     
     
    le geste juste et
    je trouve mes mains pleines de forêts
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    musique atonale \ 11

     
     
    * l'invisible
     
     
     
    revenir est ce gravir de flanc de montagne si loin
    rebours ce même penchement d'efforts
    quelqu'impalpable tiraille un centre mais lequel
     
    dos à moi
    je glisse
    dans ma chair
    couche tout l'espace
    le sang
    m'engloutit
    plombé
    et ce coeur
    c'est si lourd
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    October 24

    - respire encore (entre musique et forêts)

     
     
     
    - tous les atomes de l'univers tiennent dans un dé à coudre
    Hawking
     
     
     
     
     
     
     
    il y aura ce moment que tu attends
    la voix parlait tu ne sais où te souviens de te souvenir il y aura ce moment
    plus loin le ciel que tu regardes dans la nuit ta nuit plus loin que
    il n'y a pas de ciel
     
    bleu
    la couleur de se souvenir qui t'appelle bleu
    ni eau ni vent ni rien n'arrête ce mouvement
    l'aspiration que tu respires quelques secondes
    quelques secondes un rêve 
    ce plongeon
    semblent une éternité quelques secondes
     
     
     
     
     
     
     
     
    étends la main
    chaque fois tu touches ce ciel du ciel qui n'existe que
    parce que tu étends la main vers
     
    l'étendue l'infime au travers le rêve même
    des particules
    d'où viennent les rêves
    les particules
    et ce moment d'où vient-il
    d'où viens-tu en ce chemin de sel et de lumière
     
    de sel et de lumière et de cette lumière et combien de fois
    dans combien de corps
    as-tu étendu ce qu'est ta main
    en traversant
    alors que te respire la lenteur
    des étendues
    combien
    de souvenirs laisses-tu entendre de ce moment
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    l'espacement est-il cette respiration inattendue que ton geste suspend dans l'ouverte transparence
    est-ce ce resplendissement
    ce qui t'appelle au milieu de ce corps de corps
    au milieu de ce que tu appelles à rejoindre comme on veut rejoindre l'autre main
    une expansion un souffle lancé pour tout traverser et ouvrir
     
    des espaces
    encore tout ce que tu n'approches
    et pourtant tout cela s'approche
    dans la parfaite lenteur d'un souffle dont tu es
    il y aura ce moment de te souvenir
    tu attends depuis des corps et les corps de tes corps
    il y aura ce moment  - respire encore, amour, respire
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    October 16

    tu es une forêt (autre)

     
     
     
     
     
    ajouré pareillement l'anse un poignet de lente lumière
    à s'ouvrir tendre une veine où rien ne fuit ni d'ombre
    ce silence dont nul ne revient sans revenir
    l'entrée de la source
    d'âme l'arbre
     
     
     
     
     
    autrefois il y avait ces décombres tu en parles toujours humide des bris
     
    chaque minute tu embrassais la cité son métal et la mort t'attend encore
     
     
     
     
     
    ramages futaies mauvissantes entre tes grands bois moirés des sèves
    et des ors dans parfaitement parfaire l'élan des écorces jusqu'à
    s'enlacer verts et cette transparence
    des fleurs à tes bouches sonores
    où tout nous transpire
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    musique atonale / 10

     
     
    * palettes à 400
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    I
     
    dégager dégage
    la poitrine
                 l'espace autour du coeur
     
     
     
     
     
     
     
    il n'y a que le centre
    le tien
    le mien
    tous les centres centrés des cercles
    nos cibles où danser la mer
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    II
     
    m'appelle, ne sais 
    d'où
    qui
    n'ai de nom
    pas de lieu
                         d'être
     
     
     
     
     
     
     
    images d'Italie n'y ai jamais mis les pieds. odeur de ta peau jamais touchée. tout. le rêve de. toi loin toi, loin. une tresse longue. longue ma mère disparue. la pleine nuit. la maison. laquelle. une porte verte. une main d'homme immense. main chaude un peu rousse la senteur forte du tabac brun la paille une barbe. un son peut-être grave. la chanson pour dormir la chanson pour dormir pour dormir la chanson
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    III
     
    d'eau or e s p a c e m e n t la brûle dire
    ni soif juste
    lumière d'ombre lum
    reste
           ste                            c'est l é g e r
                                        étrange
     
    peur de quoi, tu dis ?
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    il n'y a pas de vrai choc n'y a
    de cri ni rien     sortir
    sortir de l'Eau l'eau de retourne
    à la mer                          qui m'arrache?
    iuq ehcarra'm
    les écrans des mensonges tu triches
    avec mon coeur tu triches toujours avec mon
    rends-moi mon
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    suis  
                
            j
     
     
     
     
     
     
     
    October 12

    musique atonale

    9
     
     
    *5cc d'adrénaline
     
     
     
     
     
     
    un rien d'espacement
    entre le corps
    et le corps
     
     
     
     
    c'est froid du métal froid dans
             le coeur ?
     
    la mer 
    la mer les grands cercles des fleurs de chairs pulsantes palpent et avalent la vie le plancton
    les cétacés brouttent avalent la mer toute lavée des glaces qui glissaient entre
    deux pôles la mer montée haute avale le monde les îles Venise sous les yeux tranquiles des clypéastres
    des pierres d'Histoire une nouvelle Atlantide nous
    la mer le monde la mer surtout
     
     
     
    la douleur de soudain le choc la lumière brûle tout l'air brûle
    dans la couleur brûle de qu'est-ce que le coeur déjà ?
     
     
     
     
    à revenir de toi les yeux ouvrent
     
     
     
     
     
     
     
    October 05

    musique atonale - (poursuite)

    8
     
    * arrêt cardiaque
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    seule l'immobilité étonne
     
     
    des flots d'images de sens retournés l'allure l'envers te souviens de tu 
    des filtres des grands jours tirés clos les mains devant les yeux les cheveux de femmes l'odeur filtre
    des étroitesses l'étranglement fulgure ici
    juste ici
     
     
     
    calme
    soudain
    la couleur de calme soudain
     
     
     
    tes rivières
    fer
    particules
     
    plus rien
    que ce que tu franchis
     
     
     
     
    noir
     
    n'existe sans ta lumière
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    October 02

    - automnale & forêt (autre musique)

     
     
     
     
     
    tu es une forêt






    est-il encore
    ce refuge
    large balancement de cimes

    entrelacs
    frondaisons
    et l'appel des écorces

    ce qu'un métal démembre




    bientôt le lièvre sera blanc
    ou mort

    mais j'attends le ravage des cerfs


     
     
     
     
     
     
     
    *
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    recommence
    ta forêt recommence




    d'abord tu planteras son espace
    comme mille fois le corps de ton corps d'espace
    plante ton regard
    il faut penser que les heures ne poussent
    ni ne sonnent encore
    et qu'elles ne sont que ces grappes
    qui contraignent plus le fruit que le ciel




    signe avec ta bouche




    dans l'espacement d'ouvrir tous les bras de mer
    les mains pleines de sang et de miel
    les yeux plongent
    ce prolongement de gestes que tu sèmes


    comme mille fois l'espace dans le corps de ton corps
    et le rêve que tu n'as pas encore fait
    tous les corps d'arbres et de naufrages s'accorderont
    aux mouvements de glisse où d'espacement en espace de corps
    tu ouvriras leurs sols cachés et même entre eux
    ils parleront pour que tu asseoies l'idée et la remettes sous le soc

    des plantées longues de pierres comme des maisons
    et puis celle du quartz en ruisseaux colorés
    juste au milieu de tes poitrines
    là où tu caches
    des mains d'enfances où il n'y avait jamais assez
    d'heures à jouer aux camions
    ni assez de confiture pour ton sourire



    signe avec tes yeux



    ça rend les paumes un peu vertes ce mouvement
    qui se rouvre et referme le mal dans l'escart d'où il vient
    mais surtout c'est les yeux qui passent au travers
    comme d'une saignée hagarde en robe à fleurs
    transparente dans la mer d'arbres

    ne pense pas l'heure ou l'autre ni rien
    non ni rien que le mouvement que tu commences vif
    à recommencer ta forêt recommence



    signe ta forêt
    recommence
    signe avec tes lèvres  






     
     
     
     
     
     
    September 17

    musique atonale (suite)

     7
     
     
    * chute de pression *
     
     
     
    au bord de comprendre
    tout 
    lache tout
     
    au désert ample des soifs
     
     
     
    malgré l'abandon
    entends l'appel
     
    ancestrale marche des arbres
    fleurs crépitantes
    vibration forte et odeur animale
     
     
    faut-il que le coeur se vide
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    September 13

    musique atonale - suite

     6
     
    * décompression hémorragique*
     
     
     
     
     
     
    la mer se répand lentement comme
    la glace
    autrefois
     
    je me souviens des lagunes
    la transparence
    dans la jupe des atolls
     je t'aime, je t'aime chantait le sable
     
    le sable
        dans ma gorge
     
     
     
     
     
     
     
     
     

    musique atonale - suite

     5
     
     
    *perforation thoracique*
     
     
     
     
     
    dans la cadence haute élancée des vagues
    l'éclat
    soudain
    le tracé de brume
    une fois                 deux mais trois
    le passage souple
    des cétacés  
     
    bleu
     
     
    c'est rouge   
     
     
     
     
     
     
     
                                     
    August 22

    titre - aucun

     
     
    tourne retourne toi encore
     
    comme le monde tourne et toi avec lui
     
    par lui retourne à toi
     
     
     
     
     
     
     
    lui parle danse une ronde
    sache ni début ni la fin du début
    le commencement de l'anéantissement c'était quand déjà
     
     
     
     
     
    le cri d'abres debouts
    l'élancement tangible leur voix
    mais les vôtres
     
     
     
     
    dans l'engourdissement des objets-cités
    le début de l'anéantissement
    c'était quand
    tu te tais
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    July 20

    musique grise

     
     
     
     

    le soleil marche

    sur les os le désert s'invente
    un fleuve
    contre les présages

    l'arbre
    les roses blessent
    le vent

    ne savons plus aimer

     

     

     

     

     

     

     


    July 10

    musique atonale (suite)

    4
     
    * sans connaissance
     


     
     

    tranquillement le souffle
    à descendre encore en lui plus long
    encore
    le souffle
    tranquillement l'espace autour du coeur

    l'espace  
    à revenir de toi les yeux ouvrent
    tout autour

    tu choisis
     
     
    June 22

    musique atonale

     3
     
     *oxygène
     
     
     
     
     
     
     
    dis-moi
     
    l'endroit de mon retour
    le nom de ton étoile
     
    je cherche l'os creux
    son stridule
     
     
     


     
     
     
     
     
     
     
     
    May 21

    musique atonale

     2
     
    *perfusion
     
     
     
     
    il n'y a pas de vague
    assez forte
     
    repousser les forêts de verre et de métal
     
    la rouille fleurit entre nous
     
    tous
            ne marchons ni rien
    juste tenir est terrible
     
    je tiens
     
     
     
    May 15

    musique atonale

    *second soin
     
     
     
     
     
    l'oiseau est une île
    mouvante
     
    le froissement d'elle
    toujours
    remue
    le ciel
    répond des présages
     
     
     
     
     
     

    musique atonale

    *premier soin
     
     
     
     
     

     

    ni miel

    ni encre

     

    ce que ta nuit protège d'acides

    n'a de remède que le départ

     

     

    franchis-moi